---
title: "Séraphine Louis : fleurs et arbres d'un monde imaginé"
description: "Les peintures de Séraphine Louis transforment fleurs et fruits en arbres imaginaires, des grenades sur fond bleu aux grandes toiles des années 1920."
canonical: https://chicodasilva.org/fr/articles/seraphine-louis-peintures/
lang: fr
license: https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/
translations:
  en: https://chicodasilva.org/en/articles/seraphine-louis-paintings/
  fr: https://chicodasilva.org/fr/articles/seraphine-louis-peintures/
  pt: https://chicodasilva.org/pt/artigos/seraphine-louis-pintura/
---

Art et artistes

# Séraphine Louis : fleurs et arbres d'un monde imaginé

Les peintures de Séraphine Louis transforment fleurs et fruits en arbres imaginaires, des grenades sur fond bleu aux grandes toiles des années 1920.

Les marguerites blanches s’accumulent les unes sur les autres. Leurs pétales fins passent devant des feuilles sombres, tandis que des tiges rouges s’écartent jusqu’aux bords de la toile. Dans une autre peinture, un arbre entier, des racines à la cime, se couvre de formes qui rappellent des feuilles et des plumes. Séraphine Louis (1864–1942), dite aussi Séraphine de Senlis, revenait aux plantes pour construire ces compositions.[^vpah]

Entre les grenades peintes vers 1915 et les grands arbres de la fin des années 1920, l’échelle et la manière d’occuper l’espace changent. Les rameaux qui flottaient sur un fond uni se multiplient ; les feuilles renferment d’autres feuilles ; les fleurs deviennent si nombreuses que l’œil peine à trouver un point de repos. Cinq peintures permettent de suivre cette transformation sans perdre de vue les petits motifs qui la composent.

Le passage entre feuille et plume prend une autre forme dans *Paon et oiseau fantastique*, de Chico da Silva. La queue bleue descend en longues plumes divisées par des nervures blanches, rouges et vertes ; de petites étoiles et des cercles occupent le cou sombre. Près des végétaux de Séraphine, l’oiseau permet de voir comment des touches orientées dans une même direction peuvent former du feuillage ou du plumage.

[![Un oiseau à queue de paon sur un tertre sombre, avec une seconde tête bleue, un papillon et une branche coupée. Paon et oiseau fantastique, Chico da Silva, v. 1969, gouache sur papier.](https://img.chicodasilva.org/jcc-086/chico-da-silva-peacock-and-fantastic-bird-undated-gouache-on-paper-50x72cm-joao-cunha-collection-jcc-086-chicodasilva.org-1280.jpg)](https://chicodasilva.org/fr/peintures/paon-et-oiseau-fantastique-086/)

*[Paon et oiseau fantastique (v. 1969)](https://chicodasilva.org/fr/peintures/paon-et-oiseau-fantastique-086/), Chico da Silva João Cunha Collection.*

## Peindre à Senlis

Séraphine est née à Arsy, dans le nord de la France, et a travaillé comme domestique. Elle s’est installée à Senlis au début du XXe siècle. Le dossier pédagogique des Musées de Senlis situe ses débuts en peinture en 1905. Ses premiers sujets comprenaient des fleurs et des fruits ; elle peignait sur du bois, du carton et des pots en terre cuite. Séraphine utilisait du Ripolin, une peinture industrielle.[^dossier]

Le collectionneur Wilhelm Uhde a connu sa peinture avant la Première Guerre mondiale. Il s’y est intéressé à nouveau en la voyant dans une exposition à Senlis, en 1927, et a commencé à la financer. Grâce à son soutien, Séraphine a pu acheter de grandes toiles.[^dossier] Ce changement de conditions matérielles aide à comprendre les dimensions d’œuvres comme *L’Arbre du paradis*, qui mesure près de deux mètres de haut.[^paradis]

## Les Grenades : un rameau sur fond bleu

![Quatre grenades jaunes et orangées, aux centres noirs, pendent à un rameau brun entouré de feuilles pointues rouges, jaunes et bleues sur fond bleu clair.](https://chicodasilva.org/editorial/seraphine-louis/grenades-1280.jpg)

*Les Grenades, vers 1915. Ripolin sur bois.

Séraphine Louis. Musée d'Art et d'Archéologie de Senlis, A.00.5.352. Photographie : Christian Schryve. [Reproduction et notice du Pays d'art et d'histoire](https://vpah-hauts-de-france.fr/ressources/lartiste-seraphine-de-senlis/).*

Une grenade occupe le centre, au-dessus de trois autres plus petites. Chaque fruit a une zone jaune qui vire à l’orange et au rouge près du bord. Un cercle noir, marqué d’une petite touche jaune au milieu, interrompt la surface. Le même motif revient à des tailles différentes : la répétition permet de reconnaître les quatre fruits avant de suivre le rameau qui les réunit.

Les feuilles ont des pointes bleues et des bandes rouges et jaunes. Certaines ressemblent à de petites flammes, allongées vers leur extrémité. Leurs contours restent bien distincts du bleu clair du fond. Il y a de l’espace entre les feuilles, sous la branche horizontale et autour du groupe de grenades.

Le rameau entier reste suspendu dans ce champ bleu. L’image se passe de vase ou de table, et les coups de pinceau visibles dans le fond ne définissent pas de lieu. Le fruit le plus gros, décalé vers le haut, empêche l’ensemble de former une simple rangée. À droite, la signature bleue suit la diagonale des feuilles.

## Les Grandes marguerites : des fleurs qui occupent la toile

![Des marguerites blanches aux cœurs jaunes et rouges descendent au centre d'une masse de feuilles vert foncé ; de fines tiges rougeâtres se courbent sur les côtés, sur fond clair.](https://chicodasilva.org/editorial/seraphine-louis/grandes-marguerites-1280.jpg)

*Les Grandes marguerites. Ripolin sur toile.

Séraphine Louis. Musée d'Art et d'Archéologie de Senlis, A.00.6.176. Photographie : Christian Schryve. [Reproduction et notice du Pays d'art et d'histoire](https://vpah-hauts-de-france.fr/ressources/lartiste-seraphine-de-senlis/).*

Les fleurs blanches forment une bande irrégulière qui descend au centre du tableau et s’élargit vers la base. Chaque cœur comporte un cercle rouge et une zone jaune. Autour, des dizaines de fines touches de pinceau font rayonner les pétales dans toutes les directions. Certaines fleurs se touchent ; d’autres apparaissent seules entre des feuilles presque noires.

C’est dans ces intervalles sombres que les marguerites se détachent avec netteté. Les grandes feuilles ont des contours ovales ou effilés et de petits motifs verts et jaunes à l’intérieur. Sur les côtés et dans le haut, des tiges très fines se courbent vers l’extérieur. Leurs traits rouges, bleus et ocres se croisent sur le fond clair, comme si le rameau central continuait de pousser à toutes ses extrémités.

La composition laisse encore voir le blanc du fond, surtout dans les angles supérieurs. Plus bas, les formes se resserrent et les tiges rouges s’épaississent. L’ensemble occupe presque toute la hauteur de la toile ; les marguerites dessinent un chemin entre la partie sombre de la base et les rameaux plus ouverts du haut. Comparées aux grenades sur fond bleu, elles imposent un autre parcours au regard, avec des arrêts successifs sur des fleurs de tailles et d’inclinaisons différentes.

## L’Arbre de vie : des racines à la cime

![Un arbre à la cime arrondie et aux feuilles rouges et bleues occupe presque toute la toile ; des racines sombres s'étalent à la base, devant un fond vert, blanc et bleu ponctué de points lumineux dans le haut.](https://chicodasilva.org/editorial/seraphine-louis/arbre-de-vie-1280.jpg)

*L’Arbre de vie, 1928. Huile et Ripolin sur toile, 144 × 112 cm.

Séraphine Louis. Musée d'Art et d'Archéologie de Senlis, A.00.6.187. Photographie : Christian Schryve ; reproduction du Pays d'art et d'histoire. [Notice des Musées de Senlis](https://musees.ville-senlis.fr/seraphine-louis-larbre-de-vie/).*

L’arbre a des racines, mais son tronc disparaît presque. À la base, une masse sombre s’ouvre en pointes rouges et blanches ; au-dessus, le feuillage prend la place que le bois occuperait. Le contour de la cime forme une grande courbe, avec les rameaux les plus hauts relevés aux deux extrémités.

Les couleurs s’organisent en bandes irrégulières. Dans le haut dominent des formes rouges aux centres clairs. Une grande zone bleue traverse le milieu, entourée de feuilles rouges et orangées sur le bord inférieur. De petits cercles de points blancs et rosés se répartissent dans cette végétation. Le fond blanc apparaît dans des fentes étroites, entre les rameaux.

Près du sol, le vert foncé remonte des deux côtés de la cime. Dans le haut, le bleu forme une bande courbe parsemée de taches claires aux bords sombres et rougeâtres. Le ciel participe au dessin : ses points lumineux prolongent le rythme des centres clairs des feuilles et des fleurs. L’arbre se voit en entier, mais la répétition des détails fait sans cesse approcher puis reculer le regard.

Selon les Musées de Senlis, Séraphine ne donnait pas de titre à ses peintures ; *L’Arbre de vie* a été choisi par Wilhelm Uhde et sa sœur, alors propriétaires de la toile, pour lui donner une dimension sacrée. La référence biblique fait partie de cette réception de l’œuvre.[^vie]

La même notice indique l’emploi d’huile et de Ripolin. Les longues touches colorées, que le musée rapproche de plumes, traversent les formes végétales. La parenté entre feuille et plumage peut se suivre de près : un contour sombre renferme plusieurs traits étroits de couleurs différentes, réunis autour d’une direction centrale.[^vie]

## L’Arbre du paradis : un passage entre les feuilles

![Un tronc rouge monte sur la gauche entre des feuilles jaunes, bleues et noires couvertes de points ; une bande blanche et bleue traverse le feuillage du centre jusqu'au bord inférieur.](https://chicodasilva.org/editorial/seraphine-louis/arbre-de-paradis-1280.jpg)

*L’Arbre du paradis, vers 1929–1930. Huile sur toile, 195 × 130 cm.

Séraphine Louis. Centre Pompidou, Musée national d'art moderne, Paris, AM 2817 P, en dépôt au Musée d'Art et d'Archéologie de Senlis. Photographie : Christian Schryve, via le Pays d'art et d'histoire. [Notice du Centre Pompidou](https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/cgbx8q).*

Le tronc rouge monte sur la gauche et se divise en grosses branches. La cime a perdu le contour arrondi de l’arbre précédent : feuilles et pousses atteignent les bords, coupées par les limites de la toile. Au milieu, une ouverture blanche et bleue se rétrécit vers le haut et s’élargit en arrivant au bord inférieur. Cette bande claire offre un passage entre les masses de couleur.

Les feuilles changent d’échelle sans suivre un modèle unique. Près du centre, une très grande forme noire renferme un motif bleu bordé de jaune et de rose, semblable à un œil. Autour apparaissent des feuilles plus petites, certaines avec des formes ovales emboîtées les unes dans les autres. Des points blancs et jaunes couvrent les zones sombres ; dans les parties rouges, de petites formes bleues se succèdent comme des pousses.

Il y a plusieurs manières de suivre le tableau. Le tronc conduit vers le haut, les points font sauter le regard entre des feuilles éloignées et la bande claire le ramène vers la base. Dans *L’Arbre de vie*, il était encore possible de suivre des yeux le contour de l’arbre. Ici, le cadrage rapproche la végétation et laisse certaines de ses parties hors du champ.

Le Musée national d’art moderne, au Centre Pompidou, a reçu la toile en don d’Anne-Marie Uhde en 1948.[^paradis]

## Les Fruits : le panier se remplit aussi

![Des fruits ronds jaunes et orangés se mêlent à des feuilles blanches et vertes sur fond sombre ; de larges bandes noires courbes traversent la moitié inférieure comme un panier.](https://chicodasilva.org/editorial/seraphine-louis/fruits-640.jpg)

*Les Fruits, vers 1929. Huile sur toile, 92 × 73 cm.

Séraphine Louis. Musée de Grenoble. Photographie : © Ville de Grenoble / Musée de Grenoble, J.-L. Lacroix. [Notice du Centre Pompidou-Metz](https://www.centrepompidou-metz.fr/fr/programmation/expositions/seraphine-louis).*

Les fruits ronds reviennent, désormais nombreux et entourés de feuilles. Leurs tons vont du jaune au brun rougeâtre, avec de petits cercles sombres près des bords. Certains se cachent derrière d’autres ; les plus petits se répartissent aux extrémités. Entre eux, des feuilles blanches et vertes ménagent des intervalles clairs sur le fond presque noir.

Dans la moitié inférieure, de larges bandes noires dessinent un panier. Elles passent devant les fruits et les feuilles, mais laissent une grande partie du contenu à la vue. Des rameaux et des formes claires se poursuivent entre les courbes et sous le bord du récipient. Le panier retient une partie de la composition, tandis que l’ensemble grandit vers le haut et sur les côtés.

La toile date d’environ 1929, selon la légende du Centre Pompidou-Metz.[^metz] Sa proximité avec les grands arbres montre que le déploiement du feuillage trouvait aussi sa place dans une nature morte : fruits et feuilles se multiplient, occupent les intervalles et débordent du récipient. Les cercles sombres des petites grenades trouvent encore ici des correspondants, dispersés sur une surface beaucoup plus remplie.

La rétrospective *Séraphine Louis. De Senlis et sans rivale*, au Centre Pompidou-Metz, est annoncée du 31 octobre 2026 au 12 avril 2027, sous le commissariat d’Elia Biezunski. La [page de l’exposition](https://www.centrepompidou-metz.fr/fr/programmation/expositions/seraphine-louis) réunit les informations sur la manifestation et la reproduction des *Fruits*.[^metz]

## Feuilles, ailes et surfaces remplies

[![Un oiseau fantastique élancé à l'aile rayonnée en forme de roue, un poussin et un papillon rayé au-dessus. Oiseaux fantastiques et papillon, Chico da Silva, v. 1967, gouache sur papier.](https://img.chicodasilva.org/jcc-073/chico-da-silva-fantastic-birds-and-butterfly-undated-gouache-on-paper-55x76cm-joao-cunha-collection-jcc-073-chicodasilva.org-1280.jpg)](https://chicodasilva.org/fr/peintures/oiseaux-fantastiques-et-papillon-073/)

*[Oiseaux fantastiques et papillon (v. 1967)](https://chicodasilva.org/fr/peintures/oiseaux-fantastiques-et-papillon-073/), Chico da Silva João Cunha Collection.*

Dans *Oiseaux fantastiques et papillon*, le grand oiseau a une aile divisée en lobes clairs. Chacun reçoit des traits d’une couleur et se trouve séparé des autres par une ligne bleue ou verte. Ces formes arrondies rappellent des pétales ; l’orientation des marques accompagne leur ouverture. Dans les rameaux de *L’Arbre de vie*, les feuilles rouges et bleues de Séraphine renferment également d’autres formes et des touches plus petites. Le détail se répète à l’intérieur du contour qui le réunit.

Les intervalles produisent une différence visible. Entre les animaux de Chico, le papier clair reste apparent sous des bandes de traits colorés. Dans la cime de Séraphine, les feuilles se resserrent et cachent presque tout le fond, qui réapparaît dans des fentes blanches. Ces manières de remplir le support peuvent se comparer dans les [peintures de Chico](https://chicodasilva.org/fr/peintures/) et dans les reproductions de Séraphine ci-dessus.

En France, [*Singulières : artistes, autodidactes, affranchies*](https://www.musee-lam.fr/fr/singulieres-artistes-autodidactes-affranchies), au LaM, compte Séraphine Louis parmi les artistes annoncées et se tient du 3 octobre 2026 au 14 février 2027.[^lam]

[^vpah]: Pays d’art et d’histoire de Senlis et Ermenonville. [*L’artiste Séraphine de Senlis*](https://vpah-hauts-de-france.fr/ressources/lartiste-seraphine-de-senlis/), réseau Villes et Pays d’art et d’histoire des Hauts-de-France. Notices des quatre œuvres conservées à Senlis et soutien d’Uhde en 1927. Photographies attribuées à Schryve ; le dossier du musée donne le nom de Christian Schryve.

[^dossier]: Musées de Senlis. [*Séraphine et les Primitifs modernes. Dossier pédagogique*](https://musees.ville-senlis.fr/app/uploads/2025/05/dossier_seraphine_louis.pdf), p. 3–4 et 7 (parcours et soutien d’Uhde), 14–15 (techniques et crédits des reproductions).

[^paradis]: Centre Pompidou. [*L’Arbre du paradis*](https://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/cgbx8q), inventaire AM 2817 P. Date, technique, dimensions, collection et acquisition.

[^vie]: Musées de Senlis. [*Séraphine Louis, L’Arbre de vie*](https://musees.ville-senlis.fr/seraphine-louis-larbre-de-vie/), inventaire A.00.6.187. Fiche technique, choix du titre par les Uhde et commentaire sur la forme des feuilles.

[^metz]: Centre Pompidou-Metz. [*Séraphine Louis. De Senlis et sans rivale*](https://www.centrepompidou-metz.fr/fr/programmation/expositions/seraphine-louis). Dates, commissariat et légende des *Fruits*, avec technique, dimensions, collection et crédit photographique.

[^lam]: LaM. [*Singulières : artistes, autodidactes, affranchies*](https://www.musee-lam.fr/fr/singulieres-artistes-autodidactes-affranchies). Programme et sélection d’artistes, vérifiés le 22 octobre 2026.

## Pour poursuivre la lecture

-   [Henri Rousseau : des jungles inventées à Paris](https://chicodasilva.org/fr/articles/henri-rousseau-peintures/)
-   [Primitif, naïf, indigène](https://chicodasilva.org/fr/articles/primitif-naif-indigene/)
